Essai d’une F.N. M 90.
(Extrait de Moto-Magazine 1934)

Au cours de quinze journées, nous lui avons fait couvrir 1.500 Km, presque entièrement sur routes pavées et ce,  par très mauvais temps. Sur ce kilométrage,  l’entretien de la machine s’est borné aux opérations suivantes :

  1. plein d’essence (63 l soit 3,8 litres/100 Kms)
  2. plein d’huile (3,5 l)
  3. tension de la chaîne et graissage de la fourche.

Tout ceci prouve bien que la F.N. M 90 est bien la moto de services sûrs, ignorant les ennuis, demandant un minimum d’entretien.
Au cours de l’essai, nous avons fait chronométrer la vitesse de la machine dont voici les performances :

  1. vitesse moyenne dans les 2 sens : 94,771 Km/h
  2. vitesse en seconde : 72 Km/h.

La haute allure atteinte en seconde traduit un excellent
établissement des rapports de la boîte de vitesses. Quant à la
vitesse maxima, nous rappellerons à ceux de nos lecteurs qu’elle ne satisferait pas qu’il ne s’agit pas là non plus d’une pointe réalisée par circonstances favorables, mais d’une vitesse moyenne contrôlée au chronomètre et soutenue sur un kilomètre dans des circonstances particulièrement défavorables.
La machine était équipée de pneus de 27 x 4, qui semblent nécessaires pour en tirer toutes les qualités de confort et de stabilité qu’elle peut donner. De tels pneus éliminent tout battement au guidon et tout flottement au changement de vitesse. De plus, pourvu qu’ils soient gonflés à des pressions assez basses (700 gr à l’avant et 850 gr à l’arrière), ils suppriment tout sautillement de l’arrière de la machine.
Disons donc nettement que la F.N. M 90, moto de tourisme, a une tenue de route touristique. Celui qui mettrait son idéal à racler le sol de l’échappement en virage (ce qui est d’ailleurs parfaitement réalisable) risquerait de voir sa monture s ‘échapper de l’avant pour se rattraper très aisément.
L’attention à donner à la moto est si minime que le conducteur risque de s’ennuyer en marche, par inactivité. En ligne droite, ce modèle ne peut pratiquement tomber. Pour notre part, sans être en rien un acrobate, nous avons eu facile à rouler debout sur la selle. Cette auto-stabilité se paie naturellement de quelques inconvénients : la moto est lourde à la main aux vitesses inférieures à 10 à l’heure et pour ressortir d’un revers glissant, la seule méthode est de ralentir presque jusqu’à l’arrêt complet.
Où la F.N. M 90 fut particulièrement transcendante, c’est au cours des mises en marche. Nous ne nous avançons aucunement en la désignant, parmi toutes les motos que nous avons eu l’occasion d’essayer, comme la plus facile au départ.
L’embrayage est de la qualité bien connue des embrayages F.N. et il est d’une action fort douce, grâce à la longue course du levier.
Notons aussi la facilité de nettoyage toute spéciale du bloc moteur, qui fera la joie des amateurs. La fourche est bonne et très souple.
Les freins sont extrêmement puissants, mais la tringlerie en est assez dure. Le frein avant demande d’être manié avec précaution en virage et sur terrain gras. Nous regrettons aussi l’absence d’une garniture de caoutchouc sur la pédale de frein qui est lisse et sur laquelle le pied peut glisser par temps de pluie. 
La moto est parfaitement silencieuse. Le son de l’échappement est sourd et plaisant. Le moteur est silencieux et ne chante qu’aux petites allures. La vibration propre au champignon du frein de direction peut être facilement éliminée par l’intercalage de petites rondelles de caoutchouc entre les diverses pièces de serrage de ce champignon. Le frein de direction lui-même est efficace et demande un emploi régulier.
Le levier de vitesse est d’un maniement très facile, à cause de sa course très réduite et de la netteté de ses crans.
En conclusion, nous ne pouvons mieux faire que rappeler notre titre « Une moto belge pour les routes belges ». Enfin, la
M 90 est une machine dont il ne faut pas chercher les qualités car elles s’imposent d’elles-mêmes à l’attention du conducteur.